« La nuit, son âme se libère et elle s’empare de la toile, œuvrant alors à redéfinir le monde.
Passionnée d’histoire de l’art, elle redevient étudiante en auditeur libre, à l’école des
Beaux-Arts de Bordeaux. Elle ne s’interdit pas d’aimer, du classique au digital, elle étudie
et se plonge dans l’expression des plus grands.
Ses maîtres resteront à ses yeux les magiciens de la couleur et des matières :
Nicolas de Staël, Mark Rothko, Vincent Van Gogh, Soulages.
En voyage entre deux mondes, Marie Grannec a choisi deux chemins d’expression,
l’abstraction et le figuratif. Comme si son regard focal portait une distance variable avec la terre.
Dans l’abstraction, le monde se lit d’en haut. Comme si l’artiste voyageait au-dessus des nuages,
plongeant dans la nuit sombre pour laisser apparaître une ville fantôme ou semblant survoler
une cité mystérieuse, dont les bâtisses flottantes se reflètent dans la mer rougeoyante.
Dans le monde du figuratif, un arbre se déploie sur une terre brûlée, un pont jaillit dans la
brume matinale, un ciel étoilé se reflète sur une bande d’asphalte bleue, des paysages,
toujours désertés par la vie. Un monde abandonné où émergent parfois les stigmates d’une
civilisation perdue… la statue de la liberté, l’icône Hollywoodienne Marilyn Monroe.
Pour Marie Grannec, la peinture est un voyage intemporel où la matière devient fluide,
où les couleurs intenses ou profondes prennent toute la place, rendant immortels les
paysages imaginaires, les destinations lointaines.
Là où l’homme s’efface, la nature vibrante reprend sa place.
Monde perdu ou Eden imaginaire.
— Marie Laure Hubert Nasser